«In te, Domine, speravi»

Le psaume 30 [ou 31] qu’entonne les anges est un chant d’espérance. C’est aussi un chant de confiance dans la miséricorde de Dieu, comme on peut en juger par les paroles ci-dessous. 

Dante instaure un dialogue entre Béatrice qui assène à Dante « Comment t’es-tu jugé digne d’accéder à ce mont ?» [74], et les anges qui chante que l’hommme, même coupable, peut espérer dans la miséricorde de Dieu. 

Le chant s’arrête à «“pedes meos” non passaro», car la suite du psaume ne correspond pas à la situation actuelle de Dante. André Pézard remarque à ce propos: «C’est à bon escient, pourtant, que le poète marque cet arrêt symbolique (…) La voie perdue par lui au temps de la forêt sauvage n’est pas encore largement ouverte sous ses pas; il n’a pas encore mérité le pardon de sa dame, ni obtenu le bain du Léthé et de l’Eunoé.» [Œuvres complètes, coll. La Pléiade, Gallimard, p.1335]

Voici les paroles de ce psaume:

Yahweh, en toi j’ai placé mon refuge: que jamais je ne sois confondu ! Dans ta justice sauve-moi !

Incline vers moi ton oreille, hâte-toi de me délivrer ! Sois pour moi un rocher protecteur, une forteresse où je trouve mon salut !

Car tu es mon rocher, ma forteresse, et à cause de ton nom tu me conduiras et me dirigeras.

Tu me tireras du filet qu’ils m’ont tendu, car tu es ma défense.

Entre tes mains je remets mon esprit; tu me délivreras, Yahweh, Dieu de vérité.

Je hais ceux qui révèrent de vaines idoles: pour moi, c’est en Yahweh que je me confie.

Je tressaillirai de joie et d’allégresse à cause de ta bonté, car tu as regardé ma misère, tu as vu les angoisses de mon âme,

et tu ne m’as pas livré aux mains de l’ennemi; tu donnes à mes pieds un libre espace.

[traduction de Catholique.org]

Et le voici chanté, en Chant Grégorien

[Source: TheWorld of Dante]