Mucius – Muzio

Mucius – Muzio
  • Index
  • Le Paradis, Chant IV, v. 83-84
  • Illustration: Mucius Scævola montre sa bravoure, illlustration de Jacob de Witt – XVIIe siècle – Domaine public.

Caius Mucius Scævola était un jeune patricien romain, qui vécut lors des débuts de la République romaine. L’épisode qui le rendit fameux (épisode attesté par plusieurs historiens romains dont Tite-Live et Plutarque) se produisit lors du siège de Rome par les Étrusques mené par Lars Porsenna1, roi de Clusium, en 507 av. J.-C.

Le siège menaçant de durer, la jeune Mucius décide de s’introduire dans le camp étrusque pour y tuer Porsenna. Mais il se trompe et tue le secrétaire du roi. Arrêté, Porsenna ordonne de le faire brûler vif. Mucius plonge alors sa main dans le feu qui est déjà allumé et l’y maintient sans fléchir pour montrer sa détermination et son indifférence au  supplice qui l’attendait.

Porsenna admirant son attitude ordonne de le relâcher. En guise de remerciement, Mucius l’avertit que 300 jeunes nobles romains ont juré de le tuer et que lui n’était que le premier. Le roi étrusque impressionné par la détermination de ses adversaires décide d’abandonner le siège de la ville et de négocier une paix. 

En raison des circonstances qui lui fait perdre sa main, Mucius fut appelé Scævola, ce qui signifie gaucher en latin; ce patronyme s’est transmis à sa lignée. 

Dante a évoqué le geste de Mucius dans son Convivio:

Qui pourra dire que, sans une inspiration divine (…) Que Mucius brûla sa propre main parce qu’il avait manqué le coup auquel il avait pensé pour libérer Rome (Livre IV, V, 13)

et dans sa Monarchia:

Mucius ne nous a-t-il pas appris ce qu’il faut oser pour la patrie lorsqu’il assaillit le téméraire Porsenna et lorsque, ensuite, il regarda brûler sa propre main, qui avait failli, avec le même visage que s’il eût assisté au supplice d’un ennemi. (Livre II, V, 14).

Béatrice évoque Mucius dans le Chant IV du Paradis pour illustrer son propos sur la force de la volonté à côté de celui de Saint Laurent qui subit le martyr en étant brûlé vif.  

  • Sources: Dante Dictionnary, Paget Toynbee, Oxford, 1848; Wikipedia; Treccani Online.