Justinien – Iustinïano

Justinien – Iustinïano
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  • Le Paradis, Chant VI
  • Illustration: L’Empereur byzantin Justinien – illustration pour Institutiones imperiales (XVIe siècle) – Domaine public
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Justinien 1er (en latin: Flavius Petrus Sabbatius Iustinianus) était d’origine modeste. Il est né dans une famille paysanne romanisée dans le village de Tausarium, non loin de l’actuelle Skopje vers 482. A priori rien ne le destinait à exercer la fonction impériale.

En 525, il épouse Téodora, qui devait jouer un rôle important lors de son règne. Née vers 500 (ou 502 selon les sources),. D’origine très humble, elle fut peut-être dans sa jeunesse une “courtisane” (traduire: une prostituée). Justinien la rencontra en 522 et fut séduit par sa beauté et son intelligence. Il en fit sa concubine avant donc de l’épouser. Elle jouera un rôle très important lors de son règne, d’autant plus qu’elle aura le titre d’Augusta, faisant d’elle officiellement l’impératrice.

Justinien doit son ascension à son oncle, l’empereur Justin 1er. Il en fit d’abord un collaborateur important avant de l’associer directement au trône le 1er avril 527, en le couronnant. Peu de temps après Justin 1er s’éteignait.

La révolte Nika de 532

L’une des premières et plus importantes crises que dut affronter le couple impérial fut la révolte Nika, en 532 qui faillit emporter le trône. Le point de départ fut sans doute la trop forte pression fiscale qui pesait sur la population de Constantinople et des manœuvres de l’aristocratie qui voyait d’un mauvais œil régner un couple de modeste extraction. Le mouvement du son importance au fait qu’il fut emmené par deux factions qui d’habitude s’opposaient: les Bleus et les Verts, les deux principaux organisateurs de courses de char à l’hippodrome de Constantinople étaient aussi des factions politiques. 

La situation devint tellement périlleuse que Justinien songea à prendre la fuite. Téodora s’opposa à cette solution disant en substance qu’elle “préférait mourir dans la pourpre impériale que fuir.” La reprise en main se fera militairement sous les ordres des deux principaux généraux de Justinien, Bélisaire et Narsés. Elle sera terrible. Les rebelles qui s’étaient regroupées dans l’hippodrome sont cernés et massacrés: il y aurait eu 30.000 morts. 

Lors de son règne de Justinien fut la tentative de rétablir l’unicité de l’Empire et pour cela reconquit l’Afrique du Nord, l’Italie et fit une incursion en Espagne. Mais comme l’écrit Dante, il confia le commandement de l’armée à son général Narsès mais surtout à Bélisaire («al mio Belisar commendai l’armi»1). Un personnage en qui il avait d’autant plus confiance qu’il avait épousé Antonina, une amie proche de Téodora.

Mais il est moins connu pour cet expansionnisme militaire que pour son œuvre législative. C’est ce «alto lavoro» qu’il mentionne dans le Chant VI, et auquel il s’attaqua résolument dès le début de son règne. Il nomma une commission de juristes pour recenser l’ensemble des lois existantes et remettre de l’ordre dans cet ensemble foisonnant. Cet immense travail législatif de collationnement et de tri, qui se poursuivit tout au long de son règne, aboutit à la publication d’un ensemble, baptisé Corpus Juris Civilis qui comprenait:

  • Digesta ou Pandectæ, une somme de cinquante livres contenant tout ce qui fut jugé valable dans le travail des législateurs précédents;
  • Justinianeus Codex qui était le regroupement des constitutions impériales;
  • Institutiones, traité élémentaire en quatre livres;
  • Novellæ Constitutiones, recueil plus tardif de différents nouvelles constitutions.