Cur Deus homo

Cur Deus homo
  • Index
  • Le Paradis, Chant VII, v. 91 et suivants
  • Illustration: Page de la préface de Cur Deus homo de Saint Anselme (détail) — Manuscrit du XIIe siècle conservé à la Lambeth Palace Library de Londres — Domaine public.

Cur Deus homo (Pourquoi Dieu s’est fait homme?) est l’une des œuvres majeures d’Anselme d’Aoste, archevêque de Cantorbery (Canterbury).

Commencé à Cantorbery, Cur Deus homo sera achevé, à en croire Anselme lui-même, lorsqu’il était en exil à Capoue, sans doute en 1098. Ce traité théologique est rédigé sous la forme d’un dialogue entre un maître —Anselme— et un disciple, Boson, qui joue le rôle d’un infidèle. Ce cours traité est divisé en deux Livres: 

  • le premier contient les «objections des infidèles, qui méprisent la foi chrétienne car ils la jugent contraire à la raison»; il entend par cette méthode, ajoute-t-il, dans sa préface prouver «par des raisons absolues, l’impossibilité pour un homme de se sauver sans lui (le Christ—Ndr)»;
  • dans le second «il est montré par  des faits et des raisonnements simples que la nature humaine a été ordonnée (…) afin que chaque homme puisse bénéficier d’une heureuse immortalité, du corps et de l’esprit (…) mais tout cela ne pourrait s’accomplir que si Dieu devenait homme».

Pour la philosophe Maria Leonar Lamas il semble difficile de comprendre sa réflexion sans songer au Psaume 49 (8-10): 

Mais l’homme ne peut acheter son rachat

ni payer à Dieu sa rançon:

il est coûteux le rachat de son âme,

et il manquera toujours pour que l’homme survive

et jamais ne voie la fosse.

Elle poursuit: «La méditation singulière d’Anselme sur ces versets a dû poser la question suivante: pourquoi est-ce que l’homme ne peut-il acheter son rachat ni payer à Dieu sa rançon? Non pas à cause de la qualité du péché humain, ni de la faiblesse du pêcheur, mais en raison de la grandeur de Dieu à l’égard de qui l’homme a péché»1

Cela passe donc par la venue du Christ sur Terre, à propos duquel Anselme insiste sur sa “double nature”:

Seigneur Jésus Christ est vraiment Dieu et vraiment homme, une personne en deux natures, et deux natures en une personne. Donc, lorsque nous parlons de Dieu endurant une quelconque humiliation ou infirmité, nous ne faisons pas référence à la majesté de sa nature, qui ne peut souffrir cela, mais à la faiblesse de la condition humaine qu’il a assumée. (…) De la sorte, nous n’entendons aucune dégradation de la nature Divine, mais nous enseignons qu’un personne est à la fois Divine et humaine. Dans l’incarnation de Dieu, il n’y a aucun abaissement de son caractère divin; mais nous croyons que la nature de l’homme en est exaltée.

Et il poursuit plus loin, d’une part que c’est librement que le Christ-homme accepte de souffrir et de mourir et c’est cela qui va permettre le pardon du péché des hommes:

(le Fils) avait accepté avec le Père et le Saint Esprit, qu’il n’y avait pas d’autre moyen de révéler au monde la puissance de son omnipotence, que par sa mort. (…) Le Père a désiré la mort de son Fils, car il ne voulait pas que le monde soit sauvé d’une autre façon, que par celle d’un homme faisant une chose si grande (mourir—Ndr). Et cela, puisque personne d’autre ne pouvait l’accomplir,  rendit autant service au Fils, qui désirait si ardemment le salut de l’homme, que si le Père lui avait commandé de mourir.2

  • Sources: Proslogium, Monologium, An Appendix in Behalf of the Fool by Gaunilon; Cur Deus Homo, par Saint Anselme of Canterbury, traduit du latin en anglais par Sidney Norton Dean, B. A., Veritatis Splendor Publications, 2012; Histoire religieuse de l’Occident médiéval, par Jean Chélini, Hachette Littératures, Paris, 2003; Wikipedia; Treccani Online.