Lucain – Lucano

Lucain – Lucano

Lucain (Marcus Annaeus Lucanus) est né en 39 à Cordoue (actuelle Espagne) dans une famille noble romaine. Il est le fils de M. Anneus Seneca, le plus jeune fils de Sénèque le Rétheur où Sénèque l’Ancien (Lucius Annaeus Seneca) et d’Acilia, la fille de l’orateur Acilius Lucanus, dont Lucain reçut le cognomen (le nom). il est également le neveu du philosophe et tragédien Sénèque le Jeune (Lucius Annaeus Seneca). Très rapidement, il quittera l’Espagne pour aller à Rome, où il recevra son éducation. 

Il est très probable qu’il reçut l’enseignement des meilleurs précepteurs. Son oncle était l’un des hommes politiques influents de l’époque, ayant été le précepteur de Néron, puis son ministre. 

Il composera deux poèmes l’un sur la chute de Troie, Iliacon, et l’autre sur le royaume des morts, Catachthonion. Ces textes sont malheureusement perdus ou n’existent plus qu’à l’état fragmentaire.Nous en avons connaissance grâce à Stace qui les cite brièvement dans son recueil Silves, et laisse penser que Lucain les écrivit avant 16 ans:

Tels seront les poèmes que tu chanteras dans les premiers temps de ta jeunesse, avant l’âge (16 ans – Ndr) où Virgile a composé son Culex.1 

Dans ce même passage de ses Silves, Stace fait allusion à d’autres œuvres de Lucain: un Orpheus, De incendio Urbis, Allocutio ad Pollam, et le Bellum Civile, que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Pharsale.

Jeune, après avoir épousé Polla Argentaria, il fera —entre 57 et 59— un voyage en Grèce à Athènes, avant d’être rappelé à Rome par Néron.

Quoiqu’il en soit, Néron fit entrer le jeune poète prodige dans le cercle de ses intimes. Il composera d’ailleurs à l’occasion des Néroniades, des fêtes organisées en 60 l’honneur de l’Empereur, un poème d’éloge—également perdu—, Laudes Neronis. Pour cela, il se voit récompenser par Néron. Il le nomme à la Questure2 et membre du collège des Augure, un sacerdoce. C’est à cette période, vers 62 ou 63, que Lucain publie les trois premiers volumes de sa Pharsale

Très rapidement pourtant tout dérape. Néron lui interdit de réciter en public ses vers et de s’engager publiquement. Est-ce cela qui conduit Lucain a basculer dans l’opposition? Seule certitude, il fit partie de la “conjuration de Pison”, qui visait à destituer Néron et à le remplacer par Calpurnius Piso. Nous le savons grâce à l’historien Tacite qui le cite dans ses Annales, lorsqu’il raconte cette conjuration3. Il est certain que sa participation fut active. 

Pour Tacite, Néron aurait été jaloux de la popularité de Lucain: «Des raisons personnelles incitaient Lucain : Néron étouffait la réputation de ses poèmes et lui avait interdit de montrer ses vers, dont il avait la vanité d’être jaloux»(chapitre 49). Plus loin, l’historien raconte le moment où la conjuration est éventée et lorsque les conjurés se dénoncent les uns les autres, et Lucain qui aurait conservé le silence longtemps finit par dénoncer ses complices jusqu’à… sa mère. 

Malgré tout, Tacite reconnaît une certaine grandeur d’âme à Lucain, disant qu’il récita quelques vers de sa Pharsale avant de s’ouvrir les veines. «Il récita les vers en question et ce furent ses derniers mots», écrit-il. Il meurt le 30 avril 65, et sa veuve entretiendra sa mémoire. 

Dante cite nommément Lucain au vers 90 du Chant IV de l’Enfer parmi la phalange des grands poètes de l’Antiquité aux côtés d’Homère, d’Horace et d’Ovide. Il mentionne ou utilise à plusieurs reprises des scènes et des personnages de la Pharsale dans l’Enfer et le Purgatoire.

  • Sources: Dizionario della Divina Commedia, Enrico Malato, Salerno Editrice, Roma, 2018; Dante Dictionnary, Oxford, 1848, Paget Toynbee; Étude critique, traduction et commentaire du Livre II du Bellum Civile de Lucain, par Florian Barriere, Études classiques, Université Paris Ouest Nanterre, 2013; Treccani Online; Wikipedia.