Catalano dei Malavolti

Catalano était un membre des Catalini, une famille guelfe de Bologne, appartenant à la branche plus large des Malavolti.

Né vers 1210 à Bologne, il sera successivement Podestà de Milan en 1243, de Parme en 1250 et de Piacenza en 1260.

Le 26 mai 1249, il commandait une division d’infanterie bolognaise à la bataille de Fossalta au cours de laquelle, les troupes impériales et gibelines furent défaites et  Enzo de Sardaigne, le fils de l’Empereur Frédéric II, fait prisonnier.

En 1261, il fonda avec, un autre Bolognais, Loderingo degli Andalò, l’Ordre des Chevaliers de la Mère de Dieu (en latin: Ordo Militiæ Mariæ Gloriosæ), plus communément appelé ‘Frères joyeux” .

Il partagera  trois reprises le titre de Podestà avec le même Loderingo degli Andalò. Ce sera le cas en 1265 à Bologne, en 1266 à Florence, puis de nouveau à Bologne en 1267.

Peu de temps après son dernier poste de Podestà, il se retira dans le monastère de Ronzano appartenant à cet ordre, où il devait mourir en 1285. 

Le quartier de Gardingo

Après la défaite et la mort de Manfred à la bataille de Bénévent (26 février 1266), les cartes politiques commencèrent à se redistribuer à Florence. Les Guelfes se rebellèrent contre le le gouvernement de Guido Novello et des nobles gibelins. À titre de conciliation entre les deux partis, ll fut décidé lors d’une trêve d’élire non pas un Podestà, comme il en était l’habitude, mais deux, un guelfe et un gibelin. C’est ainsi que furent choisis deux Bolonais, membres des frères joyeux, le guelfe Catalano de’ Catalani et le gibelin Loderingo degli Andalò dans l’espoir qu’ils seraient impartiaux. 

Ils se mirent au travail; leur feuille de route était de constituer un gouvernement de coalition qui soit aussi de conciliation. L’une de leurs mesures sera l’instauration «Conseil des Trente-Six» dont les membres étaient choisis parmi les nobles des deux partis. Cette mesure devait heurter Guido Novello et les nobles gibelins qui essayèrent de le supprimer. Mais les guelfes ne l’entendirent pas de cette oreille et obligèrent les gibelins à fuir la ville, de nombreuses maisons étant pillées par les gens du peuple. Ce fut le cas de celle des Uberti dans le quartier du Gardingo, d’où l’allusion de Dante au vers 108: «nous nous comportâmes ainsi / que cela se voit encore près du Gardingo»

Catalano et Loderingo, qui avaient demandé avant ces évènements à être relevés de leur fonction, quittèrent Florence. En quelques mois de gouvernement, les deux frères « pacificateurs » laissèrent la ville encore plus divisée qu’auparavant.  

En outre, les Florentins les soupçonnèrent de partialité et d’avoir travaillé pour leur seul profit, acceptant des pots-de-vin des guelfes et persécutant les gibelins. C’est ce soupçon que fait sien Dante tout comme Villani, chroniqueur de l’histoire florentine qui écrit: 

i quali [Catalano et Loderingo] tuttochè d’animo di parte fossono divisi, sotto coverta di falsa ipocrisia furono in concordia più al guadagno loro proprio ch al bene comune. [VII, 13]

C’est cette « fausse hypocrisie » qui est punie dans la sixième bolge du huitième cercle.