Nisus (Niso)

Nisus (Niso)

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Nisus est un héros troyen, né dans une illustre famille, qui accompagne Énée en Italie. Il est cité pour la première fois par Virgile au Livre V de l’Énéide, pendant les jeux organisés par Énée à Érice en l’honneur de son père défunt Anchise. Immédiatement, Nisus est associé à Euryale:

les premiers de tous, Nisus et Euryale: Euryale remarquable par sa beauté et sa verte jeunesse; Nisus, par son tendre amour pour l’adolescent. (294-296)

Il se sacrifiera en faveur d’Euryale lors de ces jeux, alors qu’en tête de la course, il a glissé. Il fera alors tomber celui qui le suit afin de faire gagner Euryale. [Énéide, Livre V, 317-33!]

Mais c’est lors de la tragique expédition nocturne contre le camp des Rutules, qu’il montra son amour envers son compagnon jusqu’au sacrifice suprême.

Alors que leur camp est assiégé, les deux amis décident de se glisser de nuit dans le camp de leurs ennemis endormis. Dans un premier temps, leur expédition est un succès: ils réussissent à tuer de nombreux ennemis et à s’emparer d’un beau butin. Mais sur le chemin du retour les choses se gâtent.

Une troupe de 300 cavaliers aux ordres de Volcens repèrent les deux jeunes gens, en particulier Euryale dont le casque brille sous la lune. Nisus échappe à la nasse, mais Euryale empêtré dans son butin est attaqué. Nisus s’en rend compte fait demi-tour, lance un javelot, puis un deuxième pour dégager son ami. Mais de loin. Volcens qui ne voit rien s’énerve et décide de tuer Euryale. Nisus affolé sort à découvert et s’exclame: 

Moi! Moi! C’est moi qui ait tout fait! Tournez vos armes contre moi, Rutules! C’est moi le coupable. C’est moi le coupable. Il n’a rien osé, rien pu faire. J’en atteste le ciel et les astres qui savent. Il a seulement trop aimé son malheureux ami. [IX, 426-430]

Euryale est tué. Alors de rage Nisus se rue dans les rangs ennemis et, en dépit de ses blessures, tue Volcens. Percé de coups, il se jette sur le corps d’Euryale où «il trouve le repos et la tranquillité de la mort»

Mais Virgile tient à célébrer ce bel amour; il ajoute: 

Couple heureux, si mes chants ont quelque pouvoir, jamais le temps ne vous effacera de la mémoire des âges tant que la maison d’Énée occupera le roc immobile du Capitole et que l’Empire romain aura l’empire du monde. [IX, 447-449]

  • Sources : Énéide, Les Belles Lettres, 1961, traduction André Bellessort; Dante Dictionnary, Oxford, 1848, Paget Toynbee; Iliade, La Pleiade, Gallimard, 1984, traduction Robert Flacelière; Wikipedia