Énée (Enea)

Énée (Enea)

Énée, fondateur de Rome, était le fils d’Anchise et d’Aphrodite (Vénus). Il fut l’un des héros de la guerre de Troie qui opposa la cité aux Grecs, et ainsi que raconte l’Iliade d’Homère, il fut sauvé à de nombreuses reprises par les dieux, Zeus lui-même, Aphrodite et Poséidon. 

Après la chute de Troie, il s’enfuit avec son père et une poignée de Troyens vers l’Europe, si l’on suit le récit de l’Énéide. Il aurait fait plusieurs escales, la première à Carthage où il séduit la reine Didon, avant de l’abandonner, ce que raconte Dante dans son Convivio, lorsqu’il aborde la question de la tempérance, au Livre IV:

Comme il [Énée] fut réfréné, quand ayant reçu de Didon tant de plaisir (…) et vivant avec elle si plaisamment, il s’éloigna pour vivre une voie honnête et fructueuse

Délaissée, Didon se serait alors donnée la mort. Énée de son côté se rend ensuite en Sicile, où il enterre son père Anchise, sur le mont Eryx (près de l’actuelle Erice). Ensuite, il fait voile (et rames!) vers l’Italie et le Lazio, où il s’installe. 

Il fonde la ville de Lavinium, ainsi nommé en honneur à son épouse Lavina, la fille du roi du Latium, Latinus. Lors d’une guerre qui l’opposait aux Rutules, il tua leur roi, Turnus, et lui-même aurait été tué dans cette guerre. 

Énée est constamment présenté comme le fondateur de Rome et de l’Empire romain par Dante, et il est d’ailleurs placé dans les les Limbes (au Chant IV, v. 122) avec les autres héros de l’Antiquité. 

Au début du Chant II de l’Enfer, Dante qui ne se sent pas digne d’accomplir le voyage que lui propose Virgile prend en exemple Énée qui est descendu, encore vivant aux Enfers pour rejoindre son père Anchise. Cela fut possible, dit-il, car Dieu jugea que cela aurait un «effet exemplaire» [« alto effeto”] et qu’ensuite il serait «dans l’empyrée il fut élu père / de la sainte Rome et de son empire» [“ch’e’ fu de l’alma Roma e di suo impero / ne l’empireo ciel per padre eletto”]. 

 

  • SourcesDante Dictionnary, Oxford, 1848, Paget Toynbee; Énéide, de Virgile, Les Belles Lettres, 1961, traduction de André Bellessort; Le Banquet, in Œuvres complètes, Le Livre de Poche, 2002, traduction Christian Bec, p. 371; Treccani Online; Wikipedia.