Turnus (Turno)

Turnus (Turno)

Turnus était le roi des Rutules, un peuple vivant avant l’époque romaine sur la côte de l’actuel Lazio. C’est l’un des personnages importants de l’Énéide, car Virgile le montre régnant à l’époque de l’arrivée d’Énée. 

Le roi Latinus, roi du Latium, avait promis au jeune et beau Turnus, sa fille Lavinia. Las, quand Énée débarque en Italie, Latinus change d’avis et voulant nouer une alliance avec le Troyen, lui propose Lavinia en mariage, rompant ainsi sa promesse. En représailles Turnus déclara la guerre à Énée. 

Au cours d’une des batailles qui s’ensuivirent, Turnus tue Pallas, le fils d’Evandre un compagnon d’Énée. Il s’empare du baudrier que porte Pallas: 

il a pressé du pied gauche le corps sans vie et arraché l’énorme poids du baudrier où est empreint le crime des Danaïdes: ces jeunes gens égorgés dans leur même nuit nuptial et les lits de noces sanglants; Clonus, fils d’Euryte les avait ciselés dans l’épaisseur de l’or. Maintenant Turnus, qui s’en est emparé, triomphe et se réjouit. [Livre X – 495-500]

Les cinquante filles de Danaüs, explique André Bellessort, furent forcées d’épouser leur cinquante cousins. Sur l’ordre de leur père, elles les égorgèrent lors de la nuit de noce. Seule la plus jeune épargna son mari. Ils eurent un fils Abas, dont Turnus sera l’un des descendants: «C’est ce qui explique toute la joie de ce dernier en s’emparant du baudrier.»

À la fin de l’Énéide, les deux héros, Turnus et Énée vont s’affronter en combat singulier. Énée aura le dessus et alors qu’il s’apprête à grâcier Turnus, lorsqu’il s’aperçoit que celui-ci porte le baudrier arraché à Pallas. Dès lors, le sort de Turnus est scellé: 

«Quoi, tu m’échapperais recouvert de la dépouille des miens ? C’est Pallas qui par ma main, c’est Pallas qui t’immole et se venge dans tout sang de ta scélératesse.» En disant ces mots, il lui plonge son épée dans la poitrine avec emportement. Le froid de la mort glace les membres de Turnus, et son âme indignée s’enfuit en gémissant chez les ombres. [Livre XII, 945-953]

  • Sources : Énéide, Les Belles Lettres, 1961, traduction André Bellessort [auteur de la note concernant l’anecdote des Danïdes, p. 133]; Dante Dictionnary, Oxford, 1848, Paget Toynbee; Wikipedia