Daniel – Daniele – Daniello

Daniel – Daniele – Daniello

Daniel est l’un des prophètes de l‘Ancien Testament, dont la vie est retracée dans le Livre de Daniel. Les six premiers chapitres  sont consacrés à sa vie à Babylone. Une seconde partie (chapitres 7 à 12) décrit des événements historiques sur un mode allégorique. La dernière partie (chapitres 13 et 14) a été rédigée en grec, ce qui témoigne d’une rédaction plus tardive, les deux premières parties ayant été écrites en hébreu et en araméen. 

Dante s’appuie et s’inspire à plusieurs reprises de la vie du prophète Daniel à la cour du roi Nabochodonosor dans La Divine Comédie. Daniel fut déporté à Babylone, avec d’autres jeunes nobles hébreux, lorsque Nabuchodonosor investit Jérusalem.

Un épisode permet de donner la force de caractère de Daniel. Le roi voulait que les jeunes otages soient bien traités en particulier au niveau de la nourriture. Mais Daniel «avait à cœur de ne pas se souiller en prenant part aux mets du roi et au vin de sa table.»1 Il obtint de se nourrir seulement de légumes et de ne boire que de l’eau.

Mais Daniel ne possédait pas seulement une grande force de caractère. À l’instar des autres enfants hébreux déportés, Dieu leur «donna science et intelligence en matière de lettres et en sagesse». Daniel possédait en plus «le discernement des visions et des songes.»2

Daniel apparaît d’abord de manière très indirecte dans La Divine Comédie, lorsque dans le Chant XIV de l’Enfer (v. 103-114), Virgile décrit à Dante l’origine des fleuves de l’Enfer; il parle d’un «grand vieillard» (“un gran veglio”) à la tête façonnée d’or fin, aux bras et à la poitrine d’argent, jusqu’au pied de terre cuite. Il reprend ainsi l’image de la statue du songe de Nabuchodonosor. Vision dont ne se souvenait pas le roi et que Daniel réussit à redonner et à interpréter. 

Il en est question ensuite dans le Purgatoire sur la corniche des Gourmands (Chant XXII). En un vers elliptique Dante reprend cet épisode de la vie du prophète qui montre sa détermination et sa force de caractère: «Danïello dispregiò cibo e acquistò savere.» (“Daniel dédaigna la nourriture, et acquit le savoir.” – v. 146-147).

Son nom revient au Chant IV du Paradis, où le poète nous dit que

Béatrice fit comme Daniel avait fait

pour calmer la colère de Nabuchodonosor,

qui l’avait rendu injustement cruel»

(“Fé sì Beatrice qual fé Danïello,  / Nabuccodonosor levando d’ira, / che l’avea fatto ingiustamente fello” – v. 13-14).

La dernière référence à Daniel est au Chant XXIX du Paradis. Béatrice évoque le fait que le nombre des anges n’est pas mesurable, et pour appuyer sa démonstration elle cite Daniel: 

e se tu guardi quel che si revela 

per Danïel, vredai che ’n sue migliaia

determinato numero si cela. 

(“et si tu regardes ce qui est révélé / par Daniel, tu verras que dans ses milliers / l’absence d’un nombre déterminé.” – v.133-135)

Et effectivement dans son “songe” Daniel ne donne pas de chiffre précis. Il ne parle que d’un nombre incalculable d’anges: «Mille milliers le servaient, myriades de myriades, debout devant lui».3