Paul – Paolo

Paul – Paolo

Paul est né à Tarse en Cilicie (aujourd’hui en Turquie) probablement vers 3 ap. J.-C. Il porte aussi le nom juif de Saül. Il aurait été instruit à Jérusalem dans le Judaïsme dans la tradition des Pharisiens.

Sa vie est connue de manière parcellaire grâce au récit qu’en fait Luc dans les Actes des Apôtres. Saint Paul, en effet, bien que ne faisant pas partie des “douze” qui entouraient le Christ, était un apôtre. La deuxième source biographique sont ses Épîtres. Sept de ces lettres sur un total de treize sont considérées comme authentiques. Elles constituent de ce fait l’un des plus anciens documents sur les débuts du christianisme et la théologie chrétienne est largement fondée sur ces textes;

Si l’on suit les Actes des Apôtres, celui qui encore appelé Saül aurait participé à la lapidation de Saint Étienne. Les participants, dit le récit, «avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saül», (7, 58). Il se poursuit ainsi un peu plus loin: «Saül, lui approuvait ce meurtre» (8, 1). Il fera plus qu’approuver, puisqu’il tint un rôle actif, lors de de la persécution des chrétiens qui suivit ce premier meurtre: «Quant à Saül, il ravageait l’Église; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et femmes et les jetait en prison.»(8, 3)

Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu? 

C’est pourtant cette homme que Dieu va convertir. La scène où il rencontre le Christ ressuscité et où il commence sa conversion est connue: alors que Saül était sur la route non loin de Damas, où il partait arrêter les chrétiens qui s’y trouvaient, lorsque «soudain une lumière venue du ciel l’enveloppa de sa clarté. Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait: “Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu?». Aveuglé, il sera conduit dans Damas où «trois jours durant il resta sans voir, ne mangeant rien et ne buvant rien»

Dieu demanda alors, raconte Luc dans les Actes des Apôtres, à un chrétien, Ananie, d’aller trouver un nommé Saül de Tarse. Lorsqu’il le voit, il est épouvanté, car ce Saül, lui on dit de nombreuses personnes, est venu «avec les pleins pouvoirs pour enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom.» Le “Seigneur” va alors le calmer en lui disant:

Va, car cet homme m’est un vase d’élection, pour porter mon nom devant les Gentils, les rois et les enfants d’Israël. Aussi je lui montrerai combien il faut qu’il souffre pour mon nom.(Actes des Apôtres, 9, 15-16)

Celui qui s’appellera très rapidement Paul enchaînera ensuite les missions de conversion. Comme il le dit dans son Épître aux Galates (2, 7-10), les trois “colonnes” du mouvement chrétien, que sont Jacques, Jean et Céphas/Pierre, vont lui confier la tâche d’enseigner les païens, avec Barnabé. De ce point de vue, l’enseignement dont est chargé Paul marque un tournant important dans l’Église des débuts du christianisme. Auparavant, les Apôtres ne convertissaient que les Juifs (les “circoncis”, dit la Bible), le message du Christ ne s’adressant qu’à eux. À partir de Paul, donc, les païens peuvent aussi devenir chrétiens sans devoir se convertir au judaïsme préalablement.

Après plusieurs missions, il sera arrêté par les Romains (il était citoyen romain), transféré à Rome. Il très probablement condamné à mort et décapité vers 67-68, après le grand incendie de Rome (qui eut lieu en 64).

L’épée symbole de la force de son message apostolique

Les circonstances de sa mort font que Paul sera souvent représenté avec une épée symbole de son supplice, mais aussi symbole de la force de et de la vigueur de son message apostolique. Dante reprend cette idée dans le Chant XXIX du Purgatoire pour décrire l’un des deux «vieillards» de la procession mystique du Paradis terrestre portant «une épée si resplendissante et aiguisée, / qu’elle me fit peur de l’autre côté du ruisseau.» (“con una spada lucida e aguta, / tal che di qua dal rio mi fé paura. – v. 140-141). Il s’agit dans cette scène de représenter le combattant de la foi. 

Dans La Divine Comédie, la première mention de Saint Paul est faite dans le Chant II, lorsque Dante explique à Virgile qu’il ne se sent pas digne de visiter le royaume des morts. «Ma io, perché venirvi? o chi ’l concede? / Io non Enëa, io non Paulo sono;» (“Mais moi, pourquoi venir? Ou qui le permet? / Je ne suis ni Énée ni Paul;” v. 31-32). Quelques vers auparavant, Dante avait introduit Saint Paul en utilisant l’image du «Vase d’élection», tout comme auparavant, il n’avait pas nommé Énée, préférant utiliser la périphrase «le père de Silvius».

Au Chant XXI du Paradis (V.127-129), Saint Paul apparaît au côté de Saint Pierre: l’ascète Pierre Damien veut illustrer, à travers l’exemple de ces deux grands apôtres de l’Église primitive et pauvre, la décadence de l’Église contemporaine. Et au Chant XXIV (v. 62), il est appelé le «caro frate» (“cher frère”) de Saint Pierre.

  • SourcesDante Dictionnary, Paget Toynbee, Oxford, 1848; Wikipedia; Treccani Online