#700Anniversaire – Il cammino del Purgatorio

#700Anniversaire – Il cammino del Purgatorio

Pour commencer notre série de décembre sur l’abondante actualité autour de Dante, l’annonce par Davide La Rosa de “Purgatorio”, le deuxième tome de sa Divina Commedia “illustrata male”. 

Il y a une forme d’urgence à évoquer cet ouvrage à venir car un crowdfunding sur la plateforme Indiegogo est lancé et la fin en est prévue au mois de janvier 2021. On pourrait relativiser cette urgence sous le prétexte que le plafond du financement initialement demandé est déjà atteint.

Pourtant, il me semble important de continuer à soutenir le projet. C’est un moyen de manifester son soutien à son auteur et de lui manifester l’importance qu’à son travail à nos yeux de lecteurs. De manière plus pragmatique ce peut être aussi pour les collectionneurs l’occasion d’acquérir une édition rare de La Divine Comédie et enfin pour ceux qui auraient “raté” le tome 1, Inferno, de se procurer le volume manquant.

Davide La Rosa, né en 1980, était à ses débuts un scénariste de B.D. Au fil du temps, il fut amené à réaliser les dessins de ses histoires, et aujourd’hui il est devenu un auteur complet.

Modeste, il s’entête à considérer ses dessins comme “un désastre”. Il ne saurait pas, dit-il, «dessiner» même s’il nuance: «il semble que ces dessins fonctionnent avec les choses que je raconte. Il paraît, je ne sais pas si c’est vrai…» (Lire article précédent: La Divina Commedia illustrata male)

Sans attendre, le jugement de la postérité, on peut dire que le tome 1 ce cette aventure, l’Enfer, est une réussite. Le trait faussement naïf et très contemporain de Davide La Rosa tombe toujours juste, et la mise en page qui joue sur différents formats met en valeur les dessins. Le “pas de côté” qu’offre chacune de ses illustrations loin de paraphraser le texte apporte une fraîcheur bienvenue sur un poème dont on oublierait parfois, à force de commentaires et d’analyses savantes, qu’il est aussi (et peut être d’abord) un récit et une… Comédie.

Comme Dante et Virgile, nous sommes à la porte de ce Purgatoire. Hâte d’être en mars 2021, pour tenir entre ses mains ce Purgatorio, illustrata male.

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La chute attendue de Boniface VIII au Chant XIX de l’Enfer (dessin de Davide La Rosa)

700e Anniversaire: Le menu du mois de décembre (et de janvier)

700e Anniversaire: Le menu du mois de décembre (et de janvier)

À l’occasion du 700e Anniversaire de la mort de Dante Alighieri, jamais les livres, les projets musicaux ou multimédias, les expositions et les initiatives de toutes sortes consacrés au Sommo poeta et à son œuvre n’ont été aussi nombreux. Il est difficile d’en faire un recensement exhaustif, mais en revanche il est possible de s’attacher à quelques projets et parutions particulièrement intéressants.

Je me propose donc de regarder en détails —avant le Nouvel An d’ici à la fin de janvier 2021— une courte sélection d’ouvrages, de CD et de projets multimédias  qui ont retenu mon attention, et cela en m’affranchissant des barrières linguistiques. Dans cette série d’articles, j’évoquerai donc:

  • La Divina Commedia, illustrata male de Davide La Rosa, dont le crowdfunding du deuxième tome Purgatorio est déjà bien engagé. Le premier volume l’Inferno m’avait particulièrement séduit par sa fraîcheur et la qualité des dessins.(Italien)
  • Le magnifique site multimédia et interactif Inferno, auquel ont collaboré quelques 80 compositeurs contemporains et qui ambitionne de (re)créer l’univers sonore de l’Enfer. (Anglais)
  • La très belle création musicale et poétique de La Camera delle Lacrime consacrée à La Divine Comédie. Le troisième opus, Paradiso, vient de paraître. Pour l’instant, cette compagnie est privée de scène (les spectacles devraient reprendre en mars 2021) mais heureusement il nous reste la musique.
  • Dante’s Bones, How a poet invented Italy, de Guy Raffa, Ce livre retrace comment un poète, certes célèbre au jour de sa mort mais qui faillit sombrer dans l’oubli, est devenu aujourd’hui “celui qui a inventé l’Italie”. Un ouvrage passionnant, nourrit d’illustrations étonnantes (Anglais);
  • A Riveder le Stelle, d’Aldo Cazullo. Un livre dont la première phrase donne le ton: «Dante ama una donna che non c’é più e una patria che non c’è ancora.» (“Dante aima une femme qui n’était plus et un pays qui n’était pas encore”). (Italien)
L’introduction à une nouvelle édition de La Divine Comédie
  • DANTE, d’Alessandro Barbero. Un livre étonnant, où l’auteur a concentré son récit non sur le poète mais sur le parcours de cet homme du Moyen Âge, dont la vie pourrait schématiquement être coupée en deux: tout d’abord l’ascension sociale dans une Florence qui était alors une des capitales du monde chrétien, puis à partir de 1301 le bannissement et l’exil. (Italien)
  • Dante a piedi et volando, de Marco Bonatti. Celui-ci a pris au pied de la lettre l’idée que La Divine Comédie est un “voyage dans l’au-delà” et il nous le raconte comme le ferait l’auteur d’un livre de voyage. Un parti-pris séduisant. (Italien)
  • Introduzione a La Divina Commedia, d’Enrico Malato, car il s’agit du coup d’envoi de la nouvelle —et très attendue— édition du texte de La Divine Comédie. Sous la gouverne du Centre Pio Rajna, elle paraîtra chez Salerno Editrice. (italien)
  • La Divina Commedia riveduta e scorretta, de Francesco Dominelli et Alessandro Locatelli, qui ambitionnent de dépoussiérer l’œuvre majeure de Dante, en adoptant le «style parodique qui est devenu la marque de fabrique de leur page Facebook Se i  social network fossero sempre esistiti. Cela se lit avec plaisir. (Italien)
  • Beyond The Inferno, d’Alex L. Moretti, qui est une réécriture complète de La Divine Comédie dans une version romancée. (Anglais)

J’aurai garde d’oublier dans cette liste l’indispensable —et formidable— Italia di Dante de Giulio Ferroni. Il a déjà été chroniqué ici, mais mérite de faire partie de cette liste. Tout amoureux de Dante se doit de le placer dans ses bagages à l’occasion d’un futur voyage en Italie. (Italien)

La Divina Commedia illustrata male

La Divina Commedia illustrata male

“Mal” illustrer La Divine Comédie et le revendiquer, c’est l’amusant et intriguant pari que s’est lancé Davide La Rosa. Ce scénariste de BD, qui vit à Laglio sur les rives du lac de Come en Italie, a souvent réalisé des histoires complètes, comprenant les textes et les dessins. Un jour donc, il s’est demandé, écrit-il dans la page de présentation de son projet: «Davide, pourquoi n’illustrerais-tu pas, mal, toute La Divine Comédie?».

On peut se demander l’intérêt de “mal” illustrer une œuvre qui l’a déjà été magistralement (entre autres!) au XIXe siècle par Gustave Doré. Pour anticiper cette critique, il offre deux arguments difficile à contrer: 

  1. «Doré était un bon dessinateur et (La Divine Comédie) est facile à illustrer quand on est un bon dessinateur; 
  2. Doré est mort.»

On le comprend, cette nouvelle édition sera très second degré. D’ailleurs, comme en témoigne ses travaux précédents dont on peut avoir un aperçu sur son blog Mullohand Drive, derrière un dessin faussement malhabile et simple se cache un humour qui peut être grinçant. 

Mais fantaisie ne rime pas avec absence de sérieux. Le livre qui devrait sortir en mars 2020, contiendra le texte original de Dante en son entier, chaque chant étant illustré de trois ou quatre dessins. L’ouvrage qui comptera environ 200 pages, sera imprimé en noir & blanc.

Pour éditer sa Divina Commedia illustrata male, Davide La Rosa a lancé une opération de crowdfunding qui se poursuit encore quelques jours en ce début d’année 2020. (L’adresse se trouve sur ce lien).

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Lucifer dans le Chant XXXIV de l’Enfer par David de la Rosa

  • Illustration : Dante par Davide La Rosa pour son projet “La Divine Commedia illustrate male — Inferno”